Analyse de Poil de carotte

I. PRESENTATION GENERALE de POIL DE CAROTTE

Dans « Poil de Carotte », Jules Renard réinvente en 1984 son enfance. On peut considérer cette œuvre comme un roman court ou comme une longue nouvelle. Quoiqu’il en soit, l’inspiration autobiographique est manifeste.

« Poil de Carotte » raconte l’enfance malheureuse d’un enfant roux, cadet de sa fratrie, mal-aimé des siens et en particulier de sa mère. L’œuvre se concentre en effet sur la relation haineuse qu’entretiennent Madame Lepic et son fils François.

 

II. LES PERSONNAGES

A) Tableau d’ensemble

Dans une petite maison provinciale, le lecteur découvre la vie quotidienne et monotone de la famille Lepic dominée par la sévérité et la froideur de la mère. M. Lepic tente tant bien que mal de se ménager une place d’homme ; on le voit défendre les maigres prés carrés sur son épouse et oser en de rares occasions la défier. A part François, les Lepic ont deux enfants, Félix, l’aîné, et Ernestine. Ces deux adolescents doivent également ruser pour obtenir des privilèges, mais n’ont pas à lutter pour gagner la considération maternelle : en arrivant en vacances dans la famille, ils sont sûrs d’obtenir des retrouvailles affectueuses dont le jeune François sera privé.

B) Madame Lepic

Il est bien difficile d’imaginer un pire modèle de mère que cette Madame Lepic. Sadique, elle se plaît à multiplier les humiliations sur le plus jeune de ses fils, en l’affublant d’abord de ce surnom mesquin collant au garçon roux comme une tache indélébile. Ingénieuse dans sa méchanceté, Madame Lepic piège son fils en mettant en scène par exemple son énurésie. En effet, elle l’enferme dans sa chambre en oubliant délibérément de déposer un pot sous son lit ; l’unique fenêtre est cloîtrée de barreaux. Le lendemain, c’est avec joie qu’elle constate, navrée, les draps trempés. Et, dupant le reste de la famille, va prestement glisser un pot sous le lit se drapant ainsi dans un costume de fausse bonne mère. Ainsi vont les humiliations quotidiennes assorties des pires corvées que Madame Lepic réserve à son jeune enfant : achever les bêtes chassées par le père ; aller rentrer les poules quand il fait nuit et que le vent hurle.

Mais Madame Lepic est aussi une maîtresse de maison avare et mesquine qui, à table, compte tout ce qui est mangé en en relevant le prix excessif. La domestique, Honorine fait également les frais de sa cruauté et se voit injustement privée de son emploi. Il n’y a pas que le chien Pyrame qui ne la subit ; quoiqu’à son sujet, l’assaut de violence soit collectif !

C) Poil de Carotte, alias François Lepic

Tous les jours, à toute heure, l’enfant vit dans la crainte de sa mère et chaque chapitre fait partager au lecteur les angoisses du garçon et ses pensées, souvent sous forme de questions comme autant de pistes pour échapper aux farces sadiques de sa mère. Il faut alors faire le brave et masquer sa peur du noir, voler une pièce d’argent à sa mère pour en retrouver une disparue (par les bons soins de Madame Lepic)…

De cette mère, qu’il n’a pas le droit d’appeler « maman », l’enfant cherche longtemps l’affection allant même jusqu’à blesser ses joues pour que, rosies, Madame Lepic ait envie de les embrasser.

Mais, au fil du roman, on voit le personnage évoluer. D’abord, la pension scolaire le sauve des griffes maternelles et il n’en souffre plus que pendant les temps de vacances. C’est alors qu’on voit se développer sa relation avec son père qui apparaît comme un homme  faible et moins intelligent que son fils – cette intelligence développée on le devine, par les ruses incessantes pour se défendre – mais du moins capable d’un peu de bonté envers son fils (bonté toute relative certes). Poil de Carotte ose avouer à son père que cette mère, il ne l’aime pas et lui demande même de passer les vacances à la pension ou même de travailler s’il le faut !  Et de conclure que s’il ne l’aime pas, il « ne di[t] pas ça parce que c’est [s]a mère ».

L’enfant dévoile alors une réelle force de caractère qui, mêlée à son habileté à feindre, le rapproche bien plus qu’il ne le croit, de cette mère honnie.

 

III. COMPOSITION ET ORIGINALITÉ DU STYLE

A) Le théâtre familial

Quarante-huit chapitres composent le roman comme autant de petites saynètes. Le point de vue choisi est celui de l’enfant maltraité, mais le narrateur reste pour autant extérieur à l’histoire préférant une troisième personne qui permet finement de prêter à la voix de l’enfance celle distanciée et analytique de l’adulte. De fait, les commentaires du narrateur sur la cruauté maternelle et les astuces compliquées de son fils pour y échapper sont d’une ironie mordante.

B)  La force du réalisme

L’utilisation du présent de l’indicatif, l’abondance des dialogues – souvent théâtralisés – ainsi que le niveau de langue courant donnent au récit une vivacité plaisante et accentuent son réalisme. En effet, la force de l’œuvre tient également dans la reconstitution d’un milieu social et d’une époque.

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